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ORDINATION SACERDOTALE DE JOHAN VISSER
lundi, 29 juin 2009
En ce dimanche de la fête de St Pierre St Paul, le diocèse du Mans a rendu grâce pour l'ordination sacerdotale de Johan VISSER en la cathédrale St Julien du Mans, pour le "salut en Jésus".
"Laudaté Dominum, omnes gentes, Loué Dieu tous les peuples"
ont acclamé les nombreux participants. Ils étaient venus du Mans, de
Sablé, où Johan était diacre depuis septembre 2008, de la paroisse de
Loué où il sera nommé comme vicaire à partir du 1er septembre, et de la
communauté de l'Emmanuel à laquelle Johan appartient, pour l'entourer
de leur prière.
Grande
émotion au moment de l'ordination par Mgr Le Saux qui avait , comme il
l'a rappelé dans son homélie, accueilli Johan quelques années
auparavant à Paray-le-Monial pour une retraite de discernement.
Ce fût aussi l'occasion
pour le diocèse de lancer officiellement l'année sacerdotale. Mgr Le
Saux est donc revenu dans son homélie sur la personne du prêtre, sur la
question de l'appel, invitant tous les jeunes présents àcréer un espace
qui permette un vrai dialogue avec le Seigneur
HOMELIE DE MGR LE SAUX
C’est une grande joie pour le diocèse, pour moi, pour toute l’Eglise que
nous soyons réunis dans la cathédrale en ce jour pour célébrer l’ordination
sacerdotale de notre frère Yohan.
Tout d’abord, quelques mots sur les prêtres. Ce n’est pas si facile de
dire en quelques mots ce qu’est un prêtre. Un prêtre est un pauvre homme que
Dieu appelle du milieu de son peuple pour une mission particulière, pour un
service unique. Et il a accepté de dire oui à cette invitation. Il est appelé
exactement de la même manière dont Jésus a choisi les douze apôtres. « Il
monte sur la montagne et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent à lui, et il
en établit douze pour être avec lui et pour les envoyer prêcher. »
Il appelle ceux qu’il veut. Il s’agit d’une initiative de Dieu selon des
critères qui appartiennent à Dieu qui connait les cœurs. Initiative qui appelle
une réponse : « ils vinrent à lui ». Une réponse libre de
l’homme ainsi appelé.
Il les choisit d’abord pour être avec lui, pour être ses compagnons.
Donc, la première raison de ce choix, c’est pour être avec Jésus de façon très
particulière et très forte. Au point, d’ailleurs, que l’Evangile nous dit
qu’accueillir les apôtres revient à accueillir Jésus. Les rejeter, c’est rejeter
Jésus. Ce que l’on attend en premier lieu du prêtre, c’est qu’il soit avec
Jésus. De cet « être avec » découle la mission. Comme le Père envoie
le Fils, le Fils envoie ses apôtres pour prêcher.
A travers le prêtre, Jésus Bon Berger continue à être présent à son
peuple, à le nourrir de son Corps et de son Sang. A travers le prêtre, Jésus
continue à donner le Pardon de Dieu. A travers le ministère du prêtre, Jésus
continue à révéler l’Amour du Père, à le rendre accessible.
Pour dire les choses autrement, quand le Christ appelle de façon
mystérieuse quelqu’un, il lui dit : « je t’appelle pour qu’à travers
toi, moi Jésus, je sois toujours présent à mon peuple, qu’à travers toi, malgré
ta faiblesse, moi Jésus, je sois le bon berger qui pardonne, qui console, qui
va chercher la brebis perdue. »
C’est pour cela que le prêtre, quand il célèbre l’Eucharistie, ne dit
pas : « ceci est le Corps de Jésus, ceci est le Sang de Jésus. »
Il dit « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang. » Quand le prêtre
donne le pardon, il ne dit pas « je te donne le pardon de Jésus. »,
mais « je te pardonne. »
Que cela est grand ! Ce qui fera dire au Pape JPII :
« l’identité du prêtre a sa source ultime dans l’Amour du Père. Au Fils
qu’ila envoyé, Souverain Prêtre et Bon
Pasteur, lesprêtres sont unis
sacramentellement pour le sacerdoce ministériel dans la puissance de l’Esprit
Saint. La vie et le ministère du prêtre sont la continuation de la vie et de
l’action du Christ lui-même. Là réside l’identité du prêtre, sa dignité, la
source de sa joie. » (Pastores Dabo
Vobis, n°18)
Mon cher Yohan, à la lumière des
deux premières lectures de la liturgie de ce jour où nous fêtons déjà St Pierre
et St Paul, je me permets de m’adresser particulièrement à toi.
Dans les Actes des Apôtres, nous voyons
Pierre et Jean qui s’adressent à l’infirme, qui s’attend à recevoir quelque
chose. « Je n’ai ni or ni argent, mais ce que j’ai, je te le donne. Au nom
de Jésus, lève-toi et marche. » Ce que tu as à donner, c’est le
Salut en Jésus. Ce n’est pas l’or ou l’argent. Tu n’as pas à transmettre tes
propres richesses, mais Jésus. Et, pour donner Jésus aux pauvres, il
faut n’avoir que Lui. Ton rôle n’est pas de donner tes biens propres, ton géni
personnel, mais le Christ. Tu ne pourras le faire que si tu acceptes d’être un
pauvre toi-même. Si tu acceptes de n’avoir qu’une richesse, Jésus. De n’avoir
que Jésus qui révèle l’Amour du Père à donner.
C’est exactement ce qu’a vécu St
Paul, dont nous clôturons aujourd’hui l’année qui lui était consacrée. St Paul
nous rappelle : « Ce que je transmets n’est pas une invention
humaine. Ce n’est pas non plus un homme qui me l’a transmis. Mon évangile vient
d’une révélation de Jésus Christ. » Il n’annonce pas son opinion sur les
choses. Mais, il a été saisi par Jésus, et c’est Jésus qu’il donne. Toi aussi,
laisse-toi saisir par Jésus. Le centre des choses, tu le sais, ce n’est pas
toi. Ton opinion personnelle nous intéresse assez peu au fond. Donne-nous
Jésus. Tu le feras dans la mesure où toi – même seras saisi.
A l’occasion de cette ordination, je
voudrais aussi dire quelques mots sur l’appel au sacerdoce.
Parmi nous, un certain nombre de
jeunes hommes sont appelés par Dieu à le suivre et à servir leurs frères et
sœurs en devenant prêtres diocésains.
Comment se découvre un appel ?
D’ailleurs, cela est vrai de toute vocation particulière. Un appel de Dieu est
la combinaison de deux libertés. Dieu qui est libre d’appeler qui il veut et la
personne qui est libre de répondre. Ce jeu des libertés ne se fait que dans un
dialogue très profond entre l’homme et Dieu. Entrez en dialogue avec Jésus.
Pour cela, faites silence. Parlez-lui, écoutez-le.Et tous, nous devons créer les conditions qui
nous permettront d’entrer dans cette rencontre avec le Christ, dans nos
familles, dans nos paroisses, dans nos mouvements, dans nos écoles.
Ici, je me permets de vous rapporter
une expérience personnelle, ma propre vocation au sacerdoce. Je crois que je
l’ai reçu alors que j’avais six ans. Mais je n’ai pu y répondre qu’à 18 ans,
grâce d’abord à une famille chrétienne. Un jeune couple chrétien m’a invité à
passer le weekend chez eux, et le samedi en fin d’après-midi, ils m’ont
dit : « nous, nous allons prier à l’église du village. Tu viens avec
nous ? » Très étonné, je les ai suivi. Nous sommes restés une
demi-heure en silence. Je les ai regardés prier. Ils m’ont donné envie de
prier. A partir de ce jour, je suis décidé à prier tous les jours.
L’autre étape a
été une conversation avec un laïc. Il m’a dit : « toi, tu ne seras
heureux que si tu vis totalement avec le Christ. » J’ai répondu :
« oui » Il ajoute : « mais, il y a autre chose. » J’ai
répondu « oui ». Il m’a dit : « sacerdoce » J’ai
répondu « oui ». Sept ans plus tard, j’étais prêtre.
Créons des espaces qui permettent un
vrai dialogue avec Jésus. N’ayons pas peur de nous entraîner les uns les autres
vers Jésus.
Je conclurais en m’arrêtant sur le
texte de l’Evangile, magnifique dialogue entre Jésus ressuscité et Pierre.
C’est l’amour
qui est la clef de toute vocation, et en particulier de la vocation à être
prêtre. Jésus suscite dans le cœur de Pierre cette confession d’Amour qui le
rend capable de donner sa vie pour devenir Pasteur des brebis. Je vous fais
remarquer au passage que ce ne sont pas les brebis de Pierre, mais celles de Jésus :
« sois le berger de mes brebis. »
En interrogeant
Pierre par trois fois, il le guérit aussi des conséquences de sa trahison,
c'est-à-dire le doute que celle-ci a engendré dans le cœur de Pierre.
C’est un amour
sans réserve et humble « tu sais tout » qui permet à Pierre de
recevoir la charge de Pasteur.
Ultimement, la question que Jésus
pose à Pierre, s’adresse à chacun d’entre nous. Jésus ressuscité pose à Pierre
la question qui déterminera toute son existence. « Simon, fils de Jean,
m’aimes-tu ? » Jésus ne lui demande pas quels sont ses talents, ses
dons, ses compétences. Il ne demande pas non plus à celui qui, peu de temps
auparavant l’avait trahi, s’il lui sera désormais fidèle, s’il ne faillira pas.
Il lui demande la seule chose qui compte, la seule qui puisse constituer un
fondement à un appel : « m’aimes-tu ? »
Aujourd’hui, dans cette cathédrale,
le Christ pose la même question à chacun de nous :
« m’aimes-tu ? » Il ne nous demande pas de savoir parler aux
foules, de savoir diriger une organisation, de savoir administrer un
patrimoine. Il nous demande de l’aimer. Tout le reste viendra naturellement. En
effet, placer ses pas sur ceux de Jésus ne se traduit pas immédiatement par des
choses à faire ou à dire. Mais avant tout dans le fait d’aimer, de demeurer
avec lui, de l’accueillir totalement dans sa vie.
Aujourd’hui, répondons à la question
de Jésus. Certains pourront dire avec Pierre : « oui, Seigneur, tu
sais que je t’aime. » D’autres diront : « Tu sais comme je
voudrais t’aimer, enseigne moi à t’aimer pour te suivre. »
Aimez le Christ, aimez l’Eglise.
Aimez le Christ comme il vous aime. Aimez l’Eglise comme le Christ l’aime.
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